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mercredi 30 juillet 2008

Brise d'été


Paris est calme l'été. Peu de voitures, les vitrines de magasin annoncent les dates de fermeture estivale, et même les gens semblent marcher plus lentement, non pas harassés par la chaleur, mais préférant prendre le temps de flâner. Bien sûr j'oublie la nuée de touristes, la moiteur du métro et les travaux qui bloquent des quartiers entiers. Je n'ai jamais prétendue être objective, et puis je ne prends pas le métro.

Mais à l'heure où l'air devient respirable, où une légère brise se lève, c'est un délice de sortir pour écouter de la musique.

Hier soir, ce bol d'air s'appelait Orouni. Une éternité que je n'étais pas allée le voir en concert. Je m'en voulais un peu d'ailleurs de ce manque d'assiduité.
Mais en fait, la joie des "retrouvailles" n'en fut que plus grande. J'ai d'abord constaté que la formation d'Orouni s'était encore agrandie, par la présence d'un bassiste.
Orouni a joué de nombreux nouveaux morceaux (qui apparaîtront sur son prochain album Jump Out The Window, sortie le 3 septembre qu'on se le dise !!!), et j'ai eu le grand plaisir d'en découvrir certains en live, ce qui est toujours un véritable plaisir pour moi. Sur la toute petite scène du Motel, les musiciens ont échangé leurs places. The Limes quasiment au complet (il ne manquait que John Hale) se réunirent pour quelques morceaux, et Michael Wookey (qui assurait la seconde partie de la soirée) est venu à son tour accompagner Orouni.
Enfin, (mais comment aborder ce sujet sans paraître condescendante et du coup franchement ridicule ? tant pis, je me lance quand même) j'ai eu la sensation qu'Orouni a avancé, progressé.
Tous les musiciens ont pris de l'assurance, et Orouni lui-même semble plus à son aise, plus serein. Sa voix fluette des débuts fait place maintenant à un chant plus grave, plus maitrisé et nettement moins timide. La folk discrète des premiers titres joués en solitaire fait place à une musique presque purement pop, teintée de cette mélancolie qui a toujours fait le charme et la signature d'Orouni.
Le set fut trop court à mon goût, mais malgré cela, ce fut un enchantement.


Orouni - Open It In May (feat. Mlie)

Je reviendrai très prochainement sur les fameux nouveaux morceaux évoqués ici... Hier soir une belle surprise m'attendait et j'espère pouvoir vous la faire partager bientôt.

Orouni a donc cédé la place à Michael Wookey que je ne connaissais que de nom.
J'ai découvert hier soir un musicien polymorphe, qui saute d'un instrument à l'autre comme il passe d'un style musical à l'autre, faisant quelques reprises surprenantes (comme Dancing Queen d'ABBA, version désabusée). J'ai moi-même eu l'impression de voyager, d'un pub irlandais à une région désertique des Etats Unis, en passant par un château de conte de fée où l'on nous chanterait des berceuses un peu étranges. Michael Wookey est habité par sa musique, il danse, tape du pied, se déshabille, et donne de la voix.
Cette richesse, ces sauts de puce m'ont plutôt enthousiasmé, même s'il est vrai qu'il m'a manqué un petit quelque chose de plus abouti peut-être... quoique.

Allez écouter ses morceaux "atmosphériques" ici ou !

Ce fut une belle soirée, une brise d'été, remplie de douceur et de complicité musicale.

Orouni sera à nouveau en concert dès vendredi, le 1er Août, à La Flèche d'Or à Paris.
Quant à Michael Wookey, vous pourrez l'entendre à nouveau aussi le 2 Août sur un "balcon secret"... ce qui est un mystère pour moi !

vendredi 7 décembre 2007

Le jour où deux guitares ont pris le pouvoir


Ce matin, comme tous les matins, j'ai consulté les statistiques de mon blog. Le nombre de visiteurs : 158 hier, ooh, ça faisiat longtemps que je n'en avais pas eu autant en une seule journée ! On sent que les affaires reprennent... Et puis, en consultant l'onglet "mots clés" (les mots que les gens tapent dans gougle et qui ont mené jusqu'à mon blog) je découvre "Rodrigo y Gabriela, Trabendo, critique". Je comptais bien faire un compte rendu du concert d'hier soir, mais là, autant d'impatience flatte mon ego de geek...

Bref, venons-en au vif du sujet : Rodrigo Y Gabriela étaient, vous l'avez compris au Trabendo hier.
Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant de l'amour immodéré que je porte à ces deux musiciens, dont je vous ai déjà parlé ici (oui, d'accord, ça commence à faire un bail), il s'agit de deux mexicains issus d'un groupe de trash metal qui ont décidé de débrancher leurs guitares, de jeter leur batteur par dessus une falaise (m'a-t-on expliqué hier soir) pour composer des morceaux flamenco (même s'ils s'en défendent, il est difficile d'utiliser un autre terme), sans perdre de vue leurs influences initiales.

Hier soir, ils ont décoiffé le Trabendo. Ils étaient déchaînés, et nous avec. Des rythmiques folles, des mélodies inchantables mais prégnantes, voilà ce qui pourrait définir leur concert. Mais ce serait loin d'être suffisant pour exprimer ce qu'il s'est passé hier. La complicité entre Rodrigo et Gabriela est indéniable, la joie qu'ils ont d'être là aussi. Il nous transmettent ce bonheur là, le public danse, les têtes se secouent et après chaque morceau on applaudit à tout rompre.
Quand Rodrigo et Gabriela jouent les morceaux de leur album, il les arrangent d'une manière totalement nouvelle, semblent même improviser, cherchant à se surprendre ou se défier l'un l'autre. Ils reprennent quelques riffs de Metallica, ou font chanter le public sur Wish You Were Here des Pink Floyd.
Alors que Rodrigo enchaîne les solos d'une précision époustouflante, Gabriela, elle semble totalement habitée lorqu'elle joue et frappe sa guitare pour marquer le rythme.
L'ambiance rock est bien là dans la salle. Mais par moments il a aussi soufflé des airs de jazz manouche ou de bossa nova sur scène.
Rodrigo et Gabriela nous parlent en anglais et en espagnol : ils nous promettent qu'ils reviendront, avec un nouvel album l'année prochaine. Bien évidemment je suis déjà impatiente !
Finalement, ce n'était pas un concert de flamenco, de jazz ou de bossa auquel j'ai assisté hier, mais bien un concert de rock. Yeah !


Diablo Rojo


Tamacun

Des videos lives à voir ici.
Plein de morceaux à écouter sur leur myspace.

mercredi 1 août 2007

Le (grand) jour

Quelle soirée !
Lundi dernier, à La Flèche D'or, c'était LA soirée à emporter de la Blogothèque.
Pour ceux qui ne connaissent pas la Blogothèque (si, si, j'en vois au fond là-bas), il s'agit d'un site avec plein de Gentils Rédacteurs qui parlent de musique... et qui la filment parfois. Ca c'est la rubrique "Concerts à Emporter". Le concept est simple : on prend un groupe, un artiste, on le sort de la salle de concert (en l'installant sur un escalier de secours, dans une forêt ou sur un toit) et on le filme en train de jouer.
Cette fois là, ce n'était pas un simple concert, mais toute une soirée à emporter. Là encore, les principes du concert sont chamboulés : la scène était ouverte au public, et les musiciens venaient et s'installaient un peu partout dans la salle. Et quelques caméras se baladaient au milieu de tout ça pour immortaliser le moment.
Voilà, le décor est planté, la soirée peut commencer.

On était nombreux, très nombreux. Presque trop. La Flèche d'Or était pleine à craquer.
Les vieux réflexes sont encore là et on s'installe face à la scène... Mais Jeremy Warmsley qui inaugure la soirée, investit le jardin, pour fendre la foule et rejoindre un petit coin de la salle. On bouge, on se retourne pour le suivre des yeux, et je me dis que la soirée commence calmement, sobrement, tout en finesse. On prend nos marques...
Viennent ensuite, pile devant nous (près de la scène donc) Sparrow House, Inlets, Sidi Ali... qui jouent parfois ensemble, parfois non, parfois leurs morceaux, parfois ceux des autres, et au milieu de tout cela une reprise radieuse de God Only Knows.
On commence alors à perdre pied, à ne jamais savoir à quoi s'attendre. La température monte, on est de plus en plus serrés. Je commence à avoir du mal à voir ce qui se passe et à tenir debout.
David-Ivar Herman Düne's Ya Ya, lui, a décidé d'investir le bar derrière nous. Assis sur le comptoir, la guitare sur les genoux, il s'improvise critique de cinéma entre deux morceaux... lunaire !

Zach Condon montre le bout de son nez et son sourire enfantin, pour rejoindre Sparrow House, Sidi Ali et Inlets. La température monte encore d'un cran (il devait faire au moins 70°C, ce soir là !). Quelqu'un crie "Assseyez vous !" Les deux tiers de la salle s'assoient donc par terre, et magie du moment, je me trouve une petit place sur un coin de canapé, avec une vue imprenable.
Quand les premières notes de Postcard From Italy résonnent, une vague de joie se répand dans la salle comme un raz de marrée. Et pour moi, c'est la béatitude : il faut dire que cela faisait deux fois que je ratais Beirut (le groupe de Zach Condon) en concert... et je crois que rien ne sera comparable à ce que j'ai vu ce soir là. Une émotion folle, des visages ébahis, émerveillés, il régnait une sorte de communion entre tous dans cette salle. Avions-nous tous conscience de vivre un moment exceptionnel ? La reprise que Zach Condon a faite de Halleluja (de Leonard Cohen) me suggère que la réponse est oui...
Puis, du fond de la salle, arrivent en fanfare les musiciens du Kocani Orkestar. Tout le monde se relève soudainement, et la folie semble contagieuse. Ils rejoignent les autres près de la scène, tout le monde chante en choeur et se met à danser. Je suis engloutie dans la foule, je ne vois plus rien et lutte pour tenir debout (ce qui est un peu frustrant quand on a envie de partager la fête).
Cette soirée s'est finie (pour moi, car je suis partie un peu avant la fin) comme un film de Kusturica, dans l'excès, l'inconscience et l'hystérie. Quarante ans après, on l'aura eu notre summer of love, il aura duré une soirée, le 30 juillet 2007.


Jeremy Warmlsey - I Promise


Sparrow House - When I Am Gone


Inlets - You Are An Effigy


Beirut - Postcard From Italy


Kocani Orkestar - Siki, siki baba

Photos empruntées à Stéphane et Delgoff

EDIT : la première vidéo est déjà en ligne ici.

samedi 26 mai 2007

Le jour inoubliable


L'orage nous est tombé dessus sans prévenir.
Un orage comme on n'en voit jamais vraiment : des milliers de pommeaux de douche se sont donnés rendez-vous, robinet grand ouvert. En dix secondes à peine nous nous sommes retrouvés trempés, dégoulinants et gelés.
Quand les premiers coups de tonnerre ont retenti, les portes du Bataclan se sont ouvertes...
En moins d'une minute, les trente mètres de queue se sont engouffrés à l'intérieur.
Il est 18h. Tôt pour un concert. A l'intérieur le programme de la soirée est affiché : Of Montreal ne passera qu'à 22h... La soirée va être longue d'ici là.

Avec plus d'une heure de retard, Axe Riverboy arrive sur scène. Je ne m'étendrai pas sur leur cas... une pop prétentieuse et déjà entendue mille fois ailleurs... bon.
Arrive ensuite Syd Matters, qui, une fois que plus m'a déçue : à part un ou deux morceaux réussis et envoûtants, la majeure partie du set était monochrome, un peu molle et brouillonne. La salle était pourtant emballée. Moi moins.
A mon grand étonnement une partie de la salle n'était là que pour voir ces derniers. Car avant qu'Of Montreal n'arrive sur scène, cela s'est visiblement vidé.

Ils sont enfin apparus.
Tous dans des costumes improbables : le bassiste coiffé d'une chapka, le guitariste déguisé en ange rose (... au reveil, un lendemain de cuite), une "poupée rondouilette" en minijupe à plumes... Et Kevin Barnes, bouteille de champagne à la main, est entré en dandy fluo.
La salle s'est soudainement électrisée dès les premières notes de Heimdalsgate Like A Promethean Curse, et Kevin Barnes s'est mis à sautiller dans tous les sens.
Dans le fond de la scène, un écran diffuse des motifs psychédéliques animés qui rappellent la pochette de l'album Hissing Fauna, Are You The Destroyer?.
La folie s'installe sur la scène où tout le monde joue un rôle. On n'a pas assez de deux yeux pour tout voir.
Kevin Barnes sort de scène quelques instants pour revenir vêtu d'un petit short bleu et d'un t-shirt assortis, du meilleur effet... quelques pompes, quelques mots doux (et un roulage le pelle) aux spectateurs du premier rang, quelques tortillements, puis il grimpe sur un escabeau, revêt une combinaison dorée (une robe?) tombant jusqu'au sol. Mesurant maintenant trois mètres, il nous offre un Gronlandic Edit délirant et stupéfiant de maîtrise.
The Past Is A Grotesque Animal est un moment qui restera dans les mémoires. Ce morceaux de plus de 17 minutes sur l'album (hier soir je n'ai pas compté, mais je soupçonne qu'elles aient été dépassées), est arrivé sans crier gare : le nuage de musique est monté petit à petit... pour nous entrainer inéluctablement vers une transe collective.
Je ne m'en remets pas.

Le concert aura duré une heure. C'est assez court, surtout après une si longue attente. Et malgré notre insistance, il n'y aura même pas de rappel (... seul véritable bémol de ce concert).
Hier soir j'ai vraiment eu la sensation de vivre quelque chose de particulier. L'orage n'a pas eu lieu qu'à l'extérieur. Je suis ressortie de là, azimutée, avec autant de paillettes dans les yeux que Kevin Barnes qui m'a vraiment rappelé le Bowie des Spiders From Mars (pardon Azamleag, je n'ai pas résisté à la comparaison) : je me suis même attendue un instant à ce qu'il se jette sur la guitare de l'ange rose pour en jouer avec les dents !
Non, non, il n'est pas Bowie. Kevin Barnes est un électron libre entouré de quatre autres particules aléatoires. Le résultat ne peut être qu'atomique ! (hum)


Of Montreal - Heimdalsgate Like A Promethean Curse


Of Montreal - The Past Is A Grostesque Aminal

D'autres morceaux sur leur MySpace.
Et plein de photos du concert ici.

EDIT
La version rennaise d'Erwan avec plein d'autres photos par là.

vendredi 30 mars 2007

Le jour où il fallait quand-même que je trouve un peu de temps


Vendredi, 11h39, chez moi

Je suis épuisée. Il pleut. Je n'ai plus d'eau chaude. Et j'ai froid aux pieds.
Pourtant, je ne peux m'empêcher de sourire béatement depuis que je me suis réveillée.
La raison ?
Andrew Bird.
Il était hier à la Maroquinerie.
Ce fut une expérience quasi mystique... Quand Andrew Bird, l'angélique, est entré sur scène et a commencé à jouer les premières notes de A Nervous Tic Motion Of The Head To The Left, toute la salle fut irradiée : on frissonne, on a chaud, on décolle. Il s'arrête un instant pour enlever ses chaussures et le morceau prend alors son envol. Il pose son violon, attrape sa guitare et secoue sa tête... sur la gauche.
Andrew Bird nous transmet une énergie folle...


Vendredi, 13h32, Place Ste Opportune

Durant son set il alterne les morceaux de son dernier album Armchair Apocrypha et de son précédent album Mysterious Production Of Eggs (entre autres...). On sent d'ailleurs la différence entre ces deux albums. La guitare est nettement plus présente dans ses morceaux récents, et on ne peut s'empêcher de penser aux Buckley (père et fils) quand il donne de la voix. Mais ce qui le différencie nettement d'eux, c'est cette joie qui l'anime, ses yeux fermés pour mieux se concentrer (ce qui le déconnecte au point de ne plus avoir où est son micro parfois).
Andrew Bird est dans un état de grâce.
Et je suis envoûtée...
Le crin de son archet s'envole, son violon usé et rapé semble avoir vécu déjà une vie entière. Et Andrew Bird se raconte un peu, essayant de voiler une timidité que l'on sent pourtant bien présente.


Vendredi, 17h02, Boulevard Voltaire

La pluie se remet à tomber et j'ai encore froid. Mais je souris toujours.
Le souvenir de ce concert commence déjà à s'évaporer. J'ai la mémoire courte (surtout quand je suis fatiguée comme aujourd'hui).
Je me souviens de cette lumière l'éclairant à contre-jour, renforçant son aura...
Je me souviens aussi de ses rares couacs qui me rappellent qu'il n'est qu'un être humain après tout.
Je me souviens d'avoir été, pendant presque deux heures dans une bulle lumineuse.

Andrew Bird est reparti, ses chaussures à la main...


Vendredi, 21h37, de retour au bercail.

Je comptais me coucher tôt ce soir.
Mais je continue de sourire, et je siffle.


Andrew Bird - Fiery Crash

Et voilà ce que cela pouvait donner, hier :

Andrew Bird - Why ? - La Maroquinerie - 29 mars 2007

Au passage j'en profite pour vous avertir que lundi prochain, à 21h, Paul Is Dead sera de retour...

jeudi 15 février 2007

Le jour où j'ai la gorge serrée

Je craignais d'être en retard. Trouver une place de stationnement sur l'Ile Saint Louis relève du miracle. Je suis arrivée à l'heure... enfin à mon heure. Le barman du Franc Pinot m'a gentiment dit que j'avais une heure d'avance pour la soirée "Folk Underground" (!). Qu'à cela ne tienne, je m'installe et je patiente.
Hier soir, j'avais fait le déplacement pour voir Mina Tindle, (Please) Don't Blame Mexico et Hey Hey My My.

Installée sur la toute petite scène de la cave voutée, Mina Tindle, accompagnée au piano de Maxime de (Please) Don't Blame Mexico, prend sa guitare et sourit. Sa joie d'être là est contagieuse. Elle enchaîne les balades et sourit encore... tout le temps. J'ai été envoûtée par The Kingdom et Waiting For Things m'a bercé de douce mélancolie. Elle rejoint Maxime au piano pour un formidable morceau à quatre mains.
Elle rit.
Nous aussi.
La candeur de Mina Tindle m'a touchée en plein coeur.

Je n'ai malheureusement pas de morceau à vous faire écouter, mais allez sur sa page Myspace, vous comprendrez de quoi je parle !

Ce fut ensuite ma plus grande surprise de la soirée. Les (Please) Don't Blame Mexico n'étaient qu'un. Je les avais vus en concert en décembre dernier à la Flèche d'Or, pour un set plutôt rock. Hier soir, Maxime était seul au piano. Ce piano aux sonorités très métalliques (on aurait dit un piano de saloon) est devenu alors rond et chaleureux. (Please) Don't Blame Mexico s'assagit, se pose et laisse filtrer ses émotions.
(Please) Don't Blame Mexico intime et attachant, je ne m'y attendais pas, la surprise ne fut que plus belle.


(Please) Don't Blame Mexico - Big Eyes Repeating

Enfin, Hey Hey My My prend place sur cette toute petite scène. A quatre, ils n'avaient pas beaucoup de latitude pour évoluer, la batterie était assez déglinguée, mais ils ont pris cela avec humour.
Je ne sais pas très bien s'ils ont mis un peu de temps à trouver leurs marques ou si c'est moi qui ai eu du mal à me remettre de mes émotions des deux concerts précédents, mais il aura fallu attendre le morceau Interlude (morceau country vraiment réjouissant) pour que je rentre dans leur set. Mais à partir de ce moment là, je n'ai plus décroché. Ils m'ont emmenée loin, à des milliers de kilomètres de là, et j'en avais besoin.


Hey Hey My My - Too Much Space

Beaucoup d'émotions hier soir, donc, avec en plus, la sensation d'avoir été terriblement privilégiée de voir ces trois groupes dans une salle si petite, si intime.

lundi 12 février 2007

Le jour des mystères et des surprises


Hier soir, c'est au Café de Paris qu'il fallait être.
Parce qu'hier soir il y avait de la magie dans l'air.
Hier soir Orouni et Benjamin Fincher étaient en concert.

La salle était grande et la scène entourée de grands draps noirs rappelant les rideaux de velours d'un théâtre. En levant la tête, une carte géante de l'île d'Orouni flotte dans les airs comme pour nous accueillir dans ce pays imaginaire.

Les trois musiciens de Benjamin Fincher font leur entrée. Ils nous entrainent immédiatement dans leur univers chaleureux, mélancolique et délicieux. Bien décidés à ne pas se laisser impressionner par les quelques footeux de la pièce d'à coté, ils gardent le sourire et conquièrent la salle. Les deux voix masculines s'élèvent, tandis que le violoncelle rond et envoûtant nous emmène sur un nuage cotonneux. Je reconnais avoir des difficultés à parler de leur concert de manière plus pécise et moins imagée, c'est d'une ambiance générale dont je me souviens, et d'une certaine plénitude qui régnait dans la salle.


Benjamin Fincher - Beatnik
Setlist : The Dharms Bums / Whales Watching / Why We Were Wrong / Oveflow/ Escape Lane / Winter Song / Bathed In Moonlight / Hollow Evening / The Void / Tim Burton's Staring Girl / Whaling Down

Quelques minutes s'écoulent et Orouni entre en scène, accompagné de l'Homme Mystère et de l'Homme Encore Plus Mystérieux (mais je l'ai reconnu moi, il s'agit de MiLK & Fruit Juice !).

Hier soir Orouni s'est étoffé, il a gagné en assurance et a expérimenté de nouvelles interprétations.
Il navigue entre les morceaux récents et d'autres plus anciens. J'ai redécouvert avec plaisir Green Blues et quel bonheur d'écouter Experiments On The Threshold Of Pain et Snowfall With A Sock (mes deux chansons préférées).
Le piano de l'Homme Mystère, les percussions et parfois de Ukulélé de l'Homme Encore Plus Mystérieux donnent de l'ampleur à ces douces mélodies.
Mina Tindle les rejoint pour interpréter The Perfume Conspiracy : une vraie complicité se crée alors, leur deux voix se répondant et s'accordant avec beaucoup de grâce.

C'est alors que les éléments se déchaînent : la carte qui flottait dans les airs commence à tomber en pièces, et un morceau de tissu noir manque de chuter sur l'Homme Mystère (qui reste -presque- stoïque).
Mais le spectacle doit continuer, c'est ce qu'on dit.

Comme pour boucler la boucle, The Lamppost (le premier morceau sur son EP) est suivi sans interruption par Don't Be Attached (le dernier morceau d'A Matter Of Scale).

A la fin du concert, tout le monde est sous le charme, et la grande carte commence à s'enrouler sur elle-même...


Orouni - Green Blues


Orouni - Don't Be Attached

Setlist : Bee Flat /Inside The Museum / The Late Polish Plumber / Experiments On The Threshold Of Pain / Green Blues / Snowfall With A Sock / Kiss The Flower / I Will Never See You Again / The Perfume Conspiracy / Danish Country Waltz / The Spiders / Switzerland Warning / Toothpaste On My Suitcase / The Lamppost - Don't Be Attached / Almen Kirkegård Lullaby
Bis bis ! : Parody (Be With Me) / In The Old Days Of Our New Life


Orouni quitte la scène, invitant qui le souhaite, à faire la troisième partie. Une jeune femme se présente alors, empruntant sa guitare colorée pour jouer deux chansons. Personne ne savait qui elle était, elle fut impressionnante de maîtrise, pour ces deux airs aux rythmiques bossa. C'était nous a-t-elle dit la première fois qu'elle jouait à Paris. Elle s'est présentée, enfin : elle s'appelle Alicia Adkins.

De manière impromtue Mina Tindle est remontée sur scène pour jouer une de ses chansons, The Good. Ce fut une très jolie surprise... J'en profite pour vous prévenir qu'elle sera en concert mercredi prochain au Franc Pinot, à Paris en compagnie de (Please) Don't Blame Mexico et Hey Hey My My.

Hier soir, le ciel a failli nous tomber sur la tête, mais c'est des étoiles plein les yeux que nous sommes rentrés chez nous...

Allez faire un tour par là : @mezik a pris quelques photos de la soirée.

mercredi 29 novembre 2006

De jolis souvenirs

Le 12 novembre dernier...
... Nous y étions !



Pour la review du concert allez jeter un oeil chez Bopper en larmes !

jeudi 19 octobre 2006

Des étoiles plein les yeux

Raaaaaah lovely !

Hier soir The Divine Comedy était en concert à L'Aéronef de Lille.
De longues années que je ne les avais pas vus en concert. D'encore plus longues années que je suis une inconditionnelle... voire une fan midinettisante !
C'est dire comme j'attendais ce rendez-vous ! Et je n'ai pas été décue. Décidément les salles à dimension humaine leur vont particulèrement bien.

Après une première partie de Duke Special qui m'a laissée perplexe, les cinq musiciens sont arrivés sur scène, et Neil Hannon a fait son entrée avec une improbable paire de lunettes de soleil sur le nez.
La salle est un peu molle et Neil & Co semblent avoir du mal à trouver leurs marques. Mais au bout d'une petite demie heure, la magie opère : When The Lights Go Out All Over Europe me replonge immédiatement dix ans en arrière, époque où j'ai découvert The Divine Comedy. Il n'y a plus qu'eux sur scène, et moi. Et là tout s'enchaîne merveilleusement. Ils piochent à travers tout leur répertoire (et pas seulement Victory For The Comic Muse), alternant les morceaux connus et ceux plus confidentiels, les ballades pleines d'émotion et les morceaux pop enthousiasmants. Neil partage avec le public, nous parle en buvant sa guiness, joue de ses sourires enjôleurs, nous promet un strip tease (qui n'aura pas lieu) pour finalement avouer qu'il est un grand timide !
Mais il n'est pas seul sur scène, et il nous le rapelle avec Threesome, morceau de piano à quatre mains... puis six. Un joli moment de légereté.
Puis la grandiloquence reprend le dessus avec The Plough. The Divine Comedy n'a pas son pareil pour raconter des histoires (... même si l'on ne comprend pas toujours les paroles !). J'ai vécu une grande aventure épique avec cette chanson !
Becoming More Like Alfie, Tonight We Fly, Our Mutual Friend... chaque chanson fut un moment particulier, de velours, de puissance et d'humour.

Le set se termine. Rappels (forcément).
The Divine Comedy termine en feu d'artifice avec National Express, et la salle qui s'est enfin réveillée, chante à tue-tête sur le refrain.

Le concert fut un peu court, certes. La salle un peu timide, mais peu importe, je ne regrette pas les 5 heures de route aller-retour, mes pieds en compote d'avoir trop dansé, ma voix cassée d'avoir trop chanté, et ma tête dans un étau d'être trop fatiguée !



Threesome


The Plough

mercredi 13 septembre 2006

Des soirées ensoleillées

Hier soir à La Maroquinerie le soleil brillait.
Hier soir à La Maroquinerie il y avait le concert de Vetiver avec This is The Kit en première partie...
La salle est pratiquement vide à mon arrivée. 19h30 pour un concert c'est peut-être un peu tôt... Tiens des chaises sont disposées bien en rang pour le public... Etrange pour ce genre de concert, mais soit, on s'asseoit sagement et la salle se remplit.

Kate Stables et son comparse au chapeau (Jesse D. Vernon) arrivent sur scène : "We're This Is The Kit"... Quelques arpèges et la voix chaleureuse et profonde de Kate sont comme une légère brise. La demoiselle semble ravie d'être là. Entre les morceaux, Monsieur Chapeau et elle changent, échangent leurs instruments : banjo, guitare sèche, électro acoustique, violon.... Monsieur Chapeau joue du tambourin avec le pied gauche et un seau de bac à sable fait office de grosse caisse.
Leur set s'achève.
Rappels.
Visiblement étonnée de devoir remonter sur scène, Kate nous dit : "Nous n'avons plus de chansons...!" Elle s'entretient quelques instants avec Monsieur Chapeau avant de lui dire : "Nous perdons du temps là!"
Ils ont fini par trouver !


Wooden Spoons - This Is The Kit

Le temps d'aller chercher une bière et Vetiver arrive sur scène.
Apparemment les chapeaux étaient de rigueur hier soir!
Les quatre musiciens nous mettent dans l'ambiance dès le premier morceau : nous avons fait un bond de trente ans en arrière !
Ils ont tous l'air dans leur bulle, et jouent en planant à dix centimètres du sol... et nous avec !
Andy Cabic, le bienheureux chante d'une voix toute douce, pendant que Sanders Tripp le guitariste, les yeux fermés, le sourire aux lèvres joue les virtuoses. Le bassiste (Brent Dunne) et le batteur (Otto Hauser) sont très discrets, en retrait. Mais ils sont bien présents quand la musique s'accélère et s'intensifie.
You May Be Blue fut un grand moment ! J'avais presque envie de me lever de ma chaise pour danser... mais pourquoi ont-ils mis des chaises ?!
Et puis deux invités surprise sont arrivés à la fin du concert : Devendra Banhart et un autre chevelu donc je n'ai pas le nom (je suis confuse). Un vent de folie s'est alors levé sur scène, Banhart se tortillant en chantant la partie de guitare de Sanders Tripp.


Amour Fou - Vetiver

Je n'avais pas mis de fleurs dans mes cheveux hier soir, mais je suis sortie de la totalement peace and love !

Merci à Rémi pour les précieuses infos qui m'ont permis de rédiger ce post.