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mercredi 23 janvier 2008

Le jour où une étoile s'éteint


Je l'ai appris ce matin au réveil.
Autant vous dire que cela m'a mis de très mauvaise humeur.
On ne pouvait pas s'y attendre.
Il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud (ça y est je m'égare encore), et sa carrière d'acteur était plus que prometteuse.
La midinette que je suis vous en avait déjà parlé ici.
Et je risque de ne plus vous en parler de sitôt.
Heath Ledger est mort.

Le salaud.


My Brightest Diamond - Golden Star

dimanche 11 novembre 2007

Le jour d'un malentendu

Une actrice, un réalisateur, une caméra... un simple casting ?



Emilie Muller (1993) de Yvon Marciano, avec Veronika Varga

vendredi 19 octobre 2007

Le jour où je crâne un peu

Cet été, presque en catimini, je m'en suis retournée à mes premières amours : le cinéma.
Au poste d'assistante réalisateur, j'ai donc travaillé pour un jeune cinéaste, Johann Sorin, qui réalisait ici son second court métrage, SM.
Et aujourd'hui a été mis en ligne un petit reportage pour TPS, qui a été réalisé lors du tournage, au théâtre du Gymnase.
Alors j'en profite, je crâne, et je fais de la pub pour les copains !

Le film est actuellement en montage, je vous en reparlerai forcément quand celui-ci sera terminé.

lundi 27 août 2007

Petit bonheur du jour #19


Baby's on fire
Better throw her in the water
Look at her laughing
Like a heifer to the slaughter

Baby's on fire
And all the laughing boys are bitching
Waiting for photos
Oh the plot is so bewitching

Rescuers row row
Do your best to change the subject
Blow the wind blow blow
Lend some assistance to the object

Photographers snip snap
Take your time she's only burning
This kind of experience
Is necessary for her learning

If you'll be my flotsam
I could be half the man I used to
They said you were hot stuff
And that's what baby's been reduced to

Juanita and Juan
Very clever with maracas
Making their fortunes
Selling secondhand tobaccoes

Juan dances at Chico's
And when the clients are evicted
He empties the ashtrays
And pockets all that he's collected

But baby's on fire
And all the instruments agree that
Her temperature's rising
But any idiot would know that



Extrait du film Velvet Goldmine
The Venus In Furs - Baby's On Fire

lundi 2 juillet 2007

Le jour où l'on tourne

Quand on tourne un court métrage c'est un peu comme ça.

On s'introduit chez des gens.
On dérange tout.
On s'amuse.
On range tout.
Et on s'en va.


Music For One Apartment and Six Drummers

vendredi 13 avril 2007

Le jour où je fais les choses à l'envers


C'est en allant au cinéma voir le film Blush de Wim Vandekeybus, un film dont je ne me suis toujours pas remise, que j'ai découvert la musique de Woven Hand.
Woven Hand, c'est le nouveau projet de David Eugene Edwards, ancien membre du groupe 16 Horsepower.
Il a presque dix ans, j'ai vu 16 Horsepower en concert lors d'un festival d'été.
Mais il y a dix ans j'étais bien trop plongée dans Revolver ou The Wall pour apprécier 16 Horsepower, que je découvre seulement aujourd'hui... Parfois je suis un peu longue à la détente.

Mais revenons à nos moutons.
Woven Hand a composé la musique pour le spectacle de danse contemporaine, devenu un film, Blush (donc), en 2003.

Musique sombre, organique et brute, l'album Blush Music n'est pas qu'une musique de film ; Ce n'est pas qu'une musique d'ambiance qui illustrerait les images. Elle l'accompagne, presque physiquement. Cette musique a une présence.
Une guitare résonnante, une batterie qui galope et une voix nerveuse, voilà quelques termes qui me viennent à l'esprit à l'écoute des premiers morceaux.
Mais cet album ne s'installe pas dans une lente mais inéluctable déprime, il ne s'installe pas, tout court. Il reprend son souffle pour mieux trébucher, notament dans My Russia (Standing On Hands), morceau dans lequel la gravité (dans tous le sens du terme) est toujours là. Elle le sera d'ailleurs tout au long de l'album, ne cherchez pas de joliesse ici, à peine quelques lueurs d'espoir.
Woven hand joue avec la distorsion des sons, les bruitages, les chuchottements...
Un album sombre, pour un film lumineux.
Une découverte prégnante.


Woven Hand - Cripplegate (Standing On Glass)


Woven Hand - My Russia (Standing On Hands)

Vous pouvez aussi réécouter White Bird, posté hier à la va-vite.

Et puisque c'est la musique d'un film, en voici la bande annonce.


Pendant ce temps, je repars à la découverte de 16 Horsepower, et je vous laisse avec le premier morceaux sur lequel je suis tombée.


16 Horsepower - The Partisan - avec Bertrand Cantat
Reprise de Leonard Cohen

Woven Hand sera en concert au Divan du Monde le 13 juin prochain.

dimanche 8 avril 2007

Le jour où je ne pleure pas

Ce n'est pas un film "sur la boxe".

C'est une histoire d'amour.

Million Dollar Baby (2004 réalisé par Clint Eastwood), c'est l'histoire que Scrap (Morgan Freeman) va nous raconter.
C'est l'histoire de son vieil ami Frankie (Clint Eastwood) et Maggie (Hilary Swank), deux êtres seuls au monde. L'un est un vieil entraîneur de boxe qui ne croit plus en lui et l'autre est une apprentie boxeuse déjà un peu trop âgée pour démarrer dans le métier, et en qui personne (même pas elle) n'a jamais cru.
Maggie veut à tout prix être entrainée par Frankie qui lui, refuse catégoriquement de coacher une fille. Mais elle l'apprivoisera, il acceptera et la mènera jusqu'au championnat du monde au prix d'un travail acharné et d'une confiance mutuelle acquise petit à petit... Jusqu'à l'accident qui révèlera les sentiments qui lient ces deux personnages.

Ce résumé est très superficiel...
J'aurais pu vous évoquer la culpabilité qui ronge Frankie -on ne sait pourquoi- depuis plus de vingt ans et le conduit chaque jour à l'église. J'aurais pu vous parler aussi de Maggie qui croit pouvoir devenir quelqu'un d'autre et aime une famille qui (dans les meilleurs jours) ne la comprend pas. J'aurais enfin pu vous parler de Scrap, ancien boxeur qui n'a pas quitté son entraîneur, même après son dernier match (son match de trop) et qui lui, croit toujours en Frankie et en ses boxeurs. Il est le "communicateur" qui lie Frankie et Maggie, il finit par être leur conscience.

Mais avec Million Dollar Baby on touche à l'impalpable : ce qui meut les personnages. L'amour d'un père (abandonné) envers une jeune femme qui devient sa fille, l'abnégation de ces trois personnages et la confiance qu'ils se font... La foi. Oui il y a quelque chose de mystique dans cette trinité là.

Je connais encore assez peu la filmographie de Clint Eastwood, mais ce que j'en ai vu me montre que ce qui l'intéresse ce sont ses personnages, leur parcours et (presque) rien d'autre. Pas de fioritures à l'image : des plans simples et souvent fixes, une photographie assez froide (toutes les nuances de bleu et de vert son déclinées) et une caméra proche des comédiens filmés en clair obscur, comme pour souligner que les personnages ne se dévoilent jamais complètement. Clint Eastwood ne fait pas dans le grand spectacle, mais dans la pudeur, le démonstratif semble ne pas l'intéresser.

Million Dollar Baby est un film juste, poignant et sobre. A la fin, pourtant bouleversée, je n'ai pas osé pleurer, j'aurais trouvé ça indécent.


Clint Eastwood - Blue Morgan (End Credit) - BOF Million Dollar Baby

Merci mille fois à Mariaque qui m'a envoyé ce film parce que j'ai su répondre à quelques questions cinématographiques.

dimanche 4 février 2007

Le jour où la neige n'est pas tombée


Tirez Sur Le Pianiste est un film auquel je suis très attachée.
Ce film noir de François Truffaut réalisé en 1960, raconte l'histoire de Charlie Kholer (interprété par Charles Aznavour, tout en fragilité et en noirceur), un pianiste de bar mutique qui va se retrouver entrainé, malgré lui, dans un règlement de comptes entre gangsters. Parallèlement, et parce que dans les films, tout arrive toujours en même temps, Charlie tombera amoureux de Léna, la serveuse gouailleuse du bar où ils travaillent ensemble. Celle-ci le mettra alors face à lui-même : son passé de pianiste classique virtuose et reconnu, son mariage à la fin tragique, et son futur, semblant enfin s'éclaircir jusqu'au dénouement final.

C'est le second long métrage de François Truffaut après Les 400 Coups. Truffaut voulait aller, avec ce film, là où personne ne l'attendait (y compris lui-même) en réalisant un film de genre, un film noir, un film de gangsters. Il souhaitait rendre hommage aux films américains qu'il avait tant aimés.
Mais il ne réalise pas pour autant un film"à l'américaine". L'ambiance de film noir ne semble être qu'un prétexte pour évoquer les thèmes déjà chers à Truffaut.

Il est le cinéaste du quotidien, il mèle sans cesse les grands évènements dramatiques aux petits détails de la vie de tous les jours. C'est d'ailleurs dans les scènes presque anecdotiques entre Charlie et ses frères, sa femme, Léna ou le patron de bar, que l'on en apprend le plus sur son personnage, maladivement timide et complexé par son milieu social. Son costume de virtuose lui sera toujours trop grand, et c'est pour cette raison qu'il se sent à sa place dans ce petit bar enfumé où personne ne lui pose de question.

Pour Truffaut, "les femmes sont magiques". Marie Dubois, dans le rôle de Léna est rayonnante. Léna est le moteur de Charlie tout au long de ce film. Elle le pousse à refaire sa vie, à quitter ce bar miteux. Elle lui donnera la force de retrouver ses frères pour les épauler lors d'une fusillade dans la neige à la fin tragique. Sans les femmes les personnages de Truffaut ne sont plus rien. Sans Léna, Charlie retournera jouer du piano dans son vieux bar.

Tirez Sur Le Pianiste c'est aussi la musique de Georges Delerue dont c'est la première collaboration avec Truffaut.
Le film commence par un très gros plan sur les marteaux animés d'un piano. Et le morceau entêtant de Delerue se fait entendre immédiatement. Charlie reprendra ce même morceau, en donnant quelques variations plus légères ou dramatiques, tout au long du film. C'est peut-être, selon moi, le seul film de Truffaut où la musique est indissociable de l'histoire, elle est un personnage à part entière.


Georges Delerue - Charlie

Et parce que Truffaut aime naviguer entre les genres, il ajoute à ce film, pourtant noir et tragique, quelques instants de grâce et de respiration avec (entre autres) cette scène -sous-titrée dans la version originelle- avec Boby Lapointe.


Tirez Sur Le Pianiste - Boby Lapointe - Framboise

mardi 12 décembre 2006

Du cinéma


Nolwenn Lemesle est une jeune réalisatrice et scénariste.
En 2005 elle a tourné son deuxième court-métrage Poids Plume, avec dans les rôles principaux Tessa Scszeciniarz et Marie Bunel.
Ce film raconte la vie de Léa, 16 ans, qui connaît la faim de l’amour d’un père qui les a quitté, elle et sa mère. Elle met toute sa rage dans la danse, espérant entrer un jour à l’Opéra. Mais Léa croit porter le poids du monde et ne s’alimente plus...

Ce court métrage sensible et subtil sera projeté jeudi prochain à 20 h, Salle Jean Dame du Centre sportif Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan à Paris dans le 2ème arrondissement.
L'entrée est libre, alors profitez-en. Il sera projeté dans un programme du Grec, parmis d'autres courts-métrages. Tous les renseignement sont ici.

jeudi 30 novembre 2006

De la communication

Clikclak est un court métrage d'animation réalisé en 2005 par trois élèves de l'école Supinfocom Arles, Aurélie Frechinos, Victor-Emmanuel Moulin et Thomas Wagner.
Une idée de départ toute simple : chaque son, chaque bruit est en fait un langage élaboré pour deux petits robots, un aux yeux bleux, l'autre aux yeux verts. Quand ils font la connaissance d'un petit garçon, ils vont lui apprendre à communiquer.
Un décor minimaliste, des robots presques plus expressifs que le petit être humain, des jongleries de mots réjouissantes et un travail du son très précis, le tout assaisoné d'une bonne dose d'humour... en voilà un bon film !



Pour le visionner en plus grand et avec une meilleure résolution, c'est ici.

jeudi 2 novembre 2006

De mes idoles

Ils étaient jeunes.
Ils étaient beaux.
Ils sentaient bon le sable chaud. Euh...

Et ce soir, j'ai ENFIN vu A Hard Day's Night !




EDIT : le jeu "A travers mon kaléïdoscope" revient. Dimanche soir vers 20h, quelques pochettes seront passées à la moulinette...

mardi 10 octobre 2006

De se poser des questions métaphysiques


François Truffaut - La Nuit Américaine - 1973

Le cinéma est-il plus important que la vie ?

jeudi 24 août 2006

Des noeuds à l'estomac

Pour mon grand retour dans les salles obscures (cela faisait de longs mois que je les avais délaissées) j'ai decidé d'aller voir un petit film, léger et sans prétention... Le Vent Se Lève (The Wind The Shakes The Barley) de Ken Loach, donc je vous ai déjà parlé ici.
Profondément marquée par Land And Freedom, j'y suis allée les yeux fermés. Je n'ai pas retrouvé dans Le Vent Se Lève ce qui m'avait tant bouleversé dans Land And Freedom : des idéaux inébranlables, de grands sentiments...
Ken Loach est cette fois-ci bien plus sombre, bien plus cru et désespéré.

Dans un contexte déjà terrible où l'Irlande est en guerre pour son indépendance, il choisi le moment où le conflit vire à la guerre civile.
La guerre est déjà en soi quelque chose d'absurde. Mais cette guerre civile, fratricide devient totalement surréaliste. Nos héros Damien (Cillian Murphy) et Teddy (Padraic Delaney) se battent pour une cause humaniste et généreuse (le libre arbitre et les même chances pour tous) ; Pourtant ils vont se déshumaniser tout au long du film, l'un après l'autre, jusqu'au dénouement tragique (au sens premeir du terme).
Jusqu'à quel point peut on s'effacer pour rester fidèle à une cause, aussi défendable soit-elle ?

Le Vent Se Lève et Land And Freedom restent comparables sur la thématique : un conflit militaire, des personnages qui mettent leur vie entre parenthèses pour défendre ce en quoi ils croient.
Mais là où Land And Freedom est enthousiaste, emprunt de lyrisme (tout en restant réaliste et sans concession) Le Vent se Lève est d'une implacable cruauté, malheureusement tout aussi réaliste.
Réalisme renforcé par le travail de Ken Loach : une image "classique", sans artifice montrant la beauté rude de l'Irlande à l'image de ses personnages ; l'utilisation de focales moyennes, l'absence "d'effets" nous investit encore plus dans le film : nous sommes l'un d'entre eux.
J'ai toujours été admirative de la façon dont Ken Loach dirige ses acteurs : tout est, semble-t-il, une question de confiance. Ken Loach ne donne pas le scénario à lire dans son intégralité aux acteurs, ce qui fait qu'ils ne savent pas ce qui va leur arriver dans la scène qu'ils s'apprêtent à jouer. Ken Loach souhaite ainsi obtenir une réaction spontanée, et en retour laisse libre cours à l'improvistaion des acteurs.

Alors voilà, je vous ai fait une analyse un peu brouillonne pour (presque) éviter de vous dire que ce film m'a quand même sacrément remuée. Peut-être d'une façon inattendue : ce n'est pas un film qui provoque des envolées lyriques et de grosses larmes (juste quelques unes tout de même!), mais qui vous fait un noeud à l'estomac... longtemps après la séance.


Donovan - Universal Soldier

samedi 19 août 2006

De l'homme qui ne rit jamais

Parce que Buster Keaton est le plus grand.

Parce qu'il est le plus drôle et le plus triste à la fois.

Parce qu'il a fini sa vie dans l'indifférence la plus totale.

Parce qu'il est d'une beauté qui me trouble toujours autant.

Parce qu'il m'émeut profondément.

Initié dès son plus jeune âge au spectacle comique en partageant la vie itinérante de ses parents comédiens, Buster Keaton parvient à s'imposer en solo en 1917.
Sa gestuelle, son univers imaginaire le distingue des autres. Fatty, autre comique, l'engage à ses côtés. Après avoir été mobilisé en juin 1918, Keaton s'impose avec ses courts métrages. En 1920, il joue dans Ce Crétin de Malec qui le propulse au même rang de star que Charlie Chaplin. En 1928, il joue entre autres dans Cadet D'eau Douce et réalise Le Mécano de la General. Après Le Cameraman et Le Figurant, ses deux films indépendants, la MGM 'l'achète', le formate et brise sa carrière.
Il enchaîne alors une série de rôles accessoires qui n'ont plus rien à voir avec son talent justifié. Excepté son apparition dans Sunset Boulevard et Limelight (dans lequel Chaplin coupera certaines de ses scènes... de peur qu'on lui vole la vedette ?), il disparaît du devant des la scène dans les années 1940, le temps et l'alcool l'ont usé.
Il publie son autobiographie en 1960 et meurt en 1966.




Monsieur Buster Keaton, vous êtes mon héros.

Voici un extrait du film Sherlock Jr, illustré par Sexy Boy de Air, le mélange est étonnant, mais finalement assez réussi !



lundi 31 juillet 2006

De l'idolâtrie... ou presque !

Tous aux abris, la midinette est de retour ! En réalité, elle n'est jamais vraiment partie mais là elle revient en force ! Eh oui ! Et la raison de ma midinettisation accrue : Heath Ledger

Alors histoire de me défouler et passer plus vite à autre chose, je vous dirai que je le trouve absolument splendide avec son regard de braise, son large sourire lumineux, son grain de beauté sur la joue gauche et ses plaquettes de chocolat !

...
(long soupir...)
...

Mais maintenant, pour être un peu plus constructive je compte bien vous parler un minimum de ses talents d'acteur (oui, je veux bien être une midinette, mais pas une midinette superficielle... j'ai une réputation à tenir !).

Heath Ledger est un jeune acteur (né en 1979 c'est un bébé !) d'origine australienne qui a commencé sa carrière assez tôt (il quitte l'école à 16 ans pour tenter sa chance à Sydney). Il enchaine alors les rôles dans quelques séries télévisées. En 1997 il obtient des rôles au cinéma dont celui de Jimmy dans Two Hands (Gregor Jordan), film culte en Australie... qui n'est même pas sorti en France ! Puis Hollywood finit par le remarquer lui et son physique avantageux, et lui offre un rôle de minet pseudo rebelle dans 10 Bonnes Raisons de te Larguer (Gil Junger) comédie romantique (censée être inspirée de Shakespeare... diantre!) pour ados cucus. Puis il croise Mel Gibson sur The Patriot (Roland Emmerich) et enchaine les films à plus ou moins grand spectacle, pas franchement subtils tels que Le Purificateur (ça c'est du titre !... et du navet !) Chevalier (les films de cape et d'épée kitcho-rockn' roll vous connaissez ? Et bien c'est ça...), Les Frères du Desert (film à la gloire des beau militaires du XIXè siècle... ah c'etait mieux avant, comme dit Francis), dans lesquels on le cantonne à des rôles de beau gosse torturé, marchant seul sous la pluie (ou dans le sable, il faut varier les plaisirs!), tentant de combattre ses démons intérieurs... j'en ai presque la larme à l'oeil !
On sent bien dans tous ces rôles maladroits et ces films bancals que Heath Ledger a un potentiel interessant... mais pour l'instant rien de suffisemment consistant à se mettre sous la dent

Arrivés à ce stade, vous allez me dire : mais pourquoi nous parle-t-elle de cet acteur donc le seul talent semble être son corps de rêve ? Et je ne vous en voudrais pas! Mais voilà, la partie interressante arrive maintenant, et puis laissez lui le bénéfice du doute : quand on débute il faut bien payer le loyer ! Et enfin, j'ai bien le droit de ne pas être objective...! na !

Là où il fut enfin remarquable (et où je l'ai remarqué donc !) c'est dans son rôle d'Ennis Del Mar dans Brokeback Mountain : enfin un rôle d'envergure, subtil et risqué.
Heath Ledger aurait pu se contenter de jouer les éternels jeunes premiers, mais il n'en fit rien ! Voilà un acteur qui aime travailler, et semble avoir une certaine exigence intellectuelle : à la fois jusqu'au-boutiste et instinctif, il semble s'engager totalement dans la préparation de ses rôles.

La même année en 2005, il joue aux cotés de Matt Damon dans Les Freres Grimm de Terry Gilliam.

Il interprète un Jacob Grimm timoré, cérébral et survolté (à cent lieues de son rôle d'Ennis Del Mar). Sans tomber un instant dans la caricature, il étend un peu plus sa palette lui donnat une dimension comique. Il en éclipse même Matt Damon, qui lui, semble ne faire que le minimum syndical, dans ce film délirant ou la démesure est de mise.

On l'attend (enfin JE l'attends désormais) dans le prochain Batman, où il doit interpréter le fameux Joker... Un rôle de méchant voilà de quoi elargir un peu plus son évantail d'acteur! Il doit aussi jouer dans le prochain Todd Haynes (Velvet Goldmine) , I'm Not There, évocation de la vie de Bob Dylan...

Pour résumer, voilà un acteur qui malgré un physique qui fait craquer toutes les filles (moi la première) n'en a pas moins quelques neurones qu'il utilise à bon escient... Un acteur de talent, très prometteur, à suivre de près donc !



The Yardbirds - I'm a Man

mardi 4 juillet 2006

De l'amour interdit

Comment écrire sur un film qu'on a tellement aimé qu'on se sent tout petit, que tout ce qu'on pourrait dire serait superflu et bien en deçà de ce que l'on ressent ?

C'est dans cet état d'esprit que j'ai pourtant l'intention de vous (re)parler de Brokeback Mountain dont le titre français franchement balourd est Le Secret de Brokeback Mountain.
Ce film d'Ang Lee est une grande histoire d'amour de cinéma : pas à l'eau de rose, pas démonstrative, et contrariée. Je défenestre tout de suite la question du "film de cow-boys gay" parce que réduire le film à ça ne serait que l'arbre qui cache la forêt. Oui, deux cow-boys virils vont s'aimer (à leur plus grande surprise) dans le fin fond du Wyoming... et alors ?!
Et alors, nous sommes dans les années 60, dans des milieux ou l'on parle peu, et où l'homosexualité n'est absolument pas permise, même aux yeux de nos deux personnages, qui chacun de leur coté fondera une famille... autant pour persuader les autres qu'eux-mêmes qu'il seront dorénavant dans le "droit chemin". Mais voilà, l'idylle vécue un été à Brokeback Mountain, isolés du reste du monde les aura changé à tout jamais. Nous les suivrons tout au long de leur vie, au rythme de leurs rencontres trop rares et trop courtes.

Ennis (Heath Ledger) et Jack (Jake Gyllenhaal) appréhendent d'ailleurs leur vie de manière totalement différente. Ennis, pragamatique, revêche et mutique tente de se contenter de ces brèves rencontres... en apparence. Son amour est si violent et si dissimulé qu'il s'empêtre encore plus dans la dénégation. Jack, quant à lui, naturellement plus enthousiaste et extraverti parle, tente d'élaborer des projets (utopiques) dans lesquels il se voit vivre dans un ranch aux cotés d'Ennis. Projets qu'Ennis lui renvoie en pleine figure, ironique et sarcastique, presque désespéré.
Plus le film avance, plus Jack et Ennis se détachent de leur "facade socialement acceptable, plus leur liaison devient impossible à vivre, ou à ne pas vivre totalement.
Comme toute grande histoire d'amour Brokeback Mountain finit forcément mal...
Le contexte historique et sociologique de ce film (l'Amérique un peu red neck des années 60 aux années 80), n'est qu'un décorum qui met en valeur les deux personnages en prise avec leur douleur, leurs paradoxes et leur incapacité à changer de vie...

Heath Ledger et Jake Gyllenhaal sont magistraux, rien de moins. La sobriété et la profondeur de leur jeu est à couper le souffle. Ils sont outenus par des seconds rôles criants de vérité : Michelle Williams et Anne Hathaway. Difficile dans ces conditions de ne pas s'immerger totalement dans l'histoire.

La mise en scène d'Ang Lee qualifiée parfois d'académique, ne fait qu'ajouter de l'ampleur à cette histoire : la montagne de Brokeback, majestueuse, pure, mais rude et cahotique. Seule une photographie et un cadre épurés, sans fioritures pouvait convenir à cette historie qui se suffit presque à elle-même.

Mon coté fleur bleue a peut-être pris le dessus, mais à bien y réflechir, ce film est loin de n'être que romantique et tragique : c'est une oeuvre indispensable et universelle. Un film qui va droit au coeur au premier abord et, quand il monte au cerveau révèle alors toute sa subtilité.


The Wings - Gustavo Santaolalla

lundi 3 juillet 2006

Des amours perdues

Je suis dans un drôle d'état...
Je viens de voir Brokeback Mountain d'Ang Lee, et j'en suis toute retournée, dans un état proche de l'Ohio quoi ! Je suis encore trop dans le film pour en parler.
Je vous dirais juste une petite chose : allez le voir près de chez vous s'il passe encore ! Et sinon, le 19 juillet il sort en DVD, alors courrez l'acheter !
mais ce n'est pas ça dont je voulais parler, mais de la musique... Dans un film de coy-boys il y a forcément de la musique country... genre qui n'est vraiment pas ma tasse de thé. Mais là...

Et puis il y a surtout la chanson de Bob Dylan, qui m'a touchée pour certaines raisons (toutes personnelles), mais qui est surtout une magnifique chanson !


Bob Dylan - He Was a Friend of Mine

He was a friend of mine
He was a friend of mine
Every time I think about him now
Lord I just can't keep from cryin
Cause he was a friend of mine
He died on the road
He died on the road
He never had enough money
To pay his room or board
And he was a friend of mine
I stole away and cried
I stole away and cried
Cause I never had too much money
And I never been quite satisfied
And he was a friend of mine
He never done no wrong
He never done no wrong
A thousand miles from home
And he never harmed no one
And he was a friend of mine
He was a friend of mine
He was a friend of mine
Every time I hear his name
Lord I just can't keep from cryin
Cause he was a friend of mine.

Un court post donc, mais je serai surement plus bavarde une fois remise de ce film...

mardi 27 juin 2006

Du romantisme

Dans cet extrait de reportage, Meryl Streep, nous parle du tournage de Out Of Africa de Sydney Pollack (1985).
Sans aucun parti pris (aucun !), je tiens à signaler que ce film est un des plus grands films romantiques de tout la terre oui je suis fleur bleue, et alors ?). Voilà je n'en dirai pas plus si ce n'est de courrir le voir le jeudi 13 juillet prochain à la Villette, en plein air ! En plus c'est gratuit, vous auriez tort de vous en priver !
Après seulement nous pourrons en rediscuter !
Comme petit avant goût, voici l'extrait dont je vous parlais : Meryl Streep explique que contrairement aux idées reçues, les lions ne font pas GROOOAAAR, mais un son tout à fait intranscriptible mais qu'elle imite à la perfection ! Elle m'a épatée sur ce coup là!

Si vraiment vous ne pouviez pas vous déplacer jusque là, procurez-vous le là.

mardi 20 juin 2006

Des paillettes et du rouge à lèvres





Velvet Goldmine est une chanson de David Bowie.
C'est aussi un film.
Un film "musical". Un film qui traite du glam rock du début des années 70 : Bowie, T Rex, Roxy Music et Iggy Pop.
Il raconte l'histoire de Arthur (Christian Bale) journaliste britanique émigré aux Etats Unis, devant rédiger un article sur Brian Slade (Jonathan Rhys Meyer), son ancienne idole qui a mis en scène sa propre mort après que Curt Wild (Ewan Mc Gregor) l'a quité. Vision romancée de la relation entre Bowie et Iggy Pop... Sexe drogue et rock n' roll !
Ce film à l'image de cette musique est totalement baroque et excessif. Et c'est grâce à ce film que j'ai découvert le glam rock : des paillettes, du satin, du velours et de la sueur.
La réalisation clipesque et les trois comédiens principaux font de ce film une vraie réussite : Nous sommes éblouis par ces images et ces personnages aux couleurs saturées. Jusqu'à la chute finale terriblement pessimiste sur le vide de leurs existences : "La vie d'un homme, c'est son image" dit Brian Slade. Soit, et ensuite? Ensuite, rien. Quand une image disparait, l'homme disparait avec lui.
Il reste un élément qui lui ne s'évanouit pas, la musique. Là encore une réussite dans ce film.


Ladytron - Roxy Music


Baby's On Fire - The Venus in Furs


Bitter Sweet - The Venus in Furs (avec Thom Yorke)
Chanson absolument merveilleuse!

Et pour finir avant que ces paillettes ne s'envolent, un extrait du film : la chanson Ballad of Maxwell Demon par Shudder To Think.


Peut-être pas un film parfait, peut-être un peu superficiel... mais c'est bien l'essence du glam que d'être superficiel...

lundi 29 mai 2006

De la lutte (finale?)

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Ken Loach a remporté la Palme d'Or au Festival de Cannes pour son film Le Vent Se lève (The Wind That Shakes The Barley).
Ken Loach est un des mes réalisateurs préférés. Son engagement politique, sa manière exigente de diriger les acteurs, tout en n'oubliant pas que le cinéma est aussi un art esthétique, font de lui un grand monsieur. Je sais qu'il n'a plus grand chose à prouver, étant donnée sa carrière, mais ce cinéaste mériterait de toucher un public bien plus large que les cinéphiles avertis ! Pionnier du cinéma néo-réaliste britannique il est considéré comme le "travailleur social du cinéma britannique", ce qui à mon avis est un peu réducteur : son cinéma n'est pas qu'un cinéma de discours politique, mais aussi un cinéma humaniste (il semble aimer tous ses personnages, aussi imparfaits soient-ils), inventif, et une photographie magnifique (loin de l'image "léchée", il cherche néanmoins le plan, l'incidence de lumière qui donne tout son ampleur à une scène).

Le Vent se Lève se déroule en Irlande, en 1920. Des paysans s'unissent pour former une armée de volontaires contre les redoutables Black and Tans, troupes anglaises envoyées par bateaux entiers pour mater les velléités d'indépendance du peuple irlandais.Par sens du devoir et amour de son pays, Damien (interprété par Cillian Murphy) abandonne sa jeune carrière de médecin et rejoint son frère Teddy (Padraic Delanay) dans le dangereux combat pour la liberté...
Ce film ne sortira en salle que le 8 novembre prochain.
Mais pour vous faire patienter voici la bande annonce (que je n'ai trouvée qu'en VO non sous-titrée) qui vous donnera une petite idée de ce qu'est ce film.




Et en attendant, vous pouvez vous procurer le DVD de Land and Freedom, une évocation de la guerre d'Espagne, à travers l'histoire d'un vieil homme que sa petite-fille enterre à Liverpool. C'est le premier film de Ken Loach que j'aie vu, et qui me fait encore aujourd'hui, me dire qu'il ne faut jamais renoncer à ses idéaux ! No Pasaran !